[PDV : Omniscient]
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____DDerrière cette porte, se trouve une chambre. Une pièce à forts contrastes, dont le seuil dépourvu de tout passage depuis un certain temps semble, à en juger l'atmosphère lourde qu'il s'en rejette, gardien de lourds secrets, comme un mystère étouffé à l'aube. Pour peu d'oser en pousser la porte, s'y trouve une jeune fille, dont la mine ne rassurerait guère quiconque. Enroulée dans un plaide grisé épais elle s'est enfermée ici de simple esprit voilà quarante jours & quelques heures, ses deux yeux vides restent fixés au vague en permanence. Aucun son ne parcourt les murs, plus maintenant, l'habitat est vide de toute humanité hormis elle, elle seule avec son unique sombre personne, un quotidien vide, lasse & passif. Assise au bout de son lit, les jambes ramenées au corps, sous un mansardé jonché d'affiches vénérées, le mal la prend. Le mal la pend. Doucement, depuis que les souvenirs se sont réapproprié le présent. Son regard se pose, hasardeux, sur des visages, des mots ; s'en remémorent des paroles, des promesses.
____Eux, les plus grands, les plus importants, les plus fondamentaux ; c'est fini. Rude réalité, dont elle doute certainement être l'unique victime. Les médias, ces odieux détraquées, ceux sans qui rien de tout cela ne se serait passé, ont du délivrer de nombreuses couvertures ces derniers temps, reflétant ainsi une image encore bien pathétique, même au-delà du scandale salopard dont ils ont été l'auteur. Si seulement un minimum de consilience pouvait être rendu envers quelques uns, tant d'agitation autour d'un groupe, tant pour de simples morceaux de musique ; tout a viré au drame travesti il y a des années, l'apparence d'une célébrité sobre s'était éteinte trop tôt. Est-il si difficile de considérer une telle douleur, autre que celle de stupides & pauvres filles en proies aux hormones ? Sans avoir pu éprouver la force de sortir d'ici depuis l'Annonce, elle devine facilement le nombre de gamines puériles, irréfléchies & inconscientes déclarée en phase de pseudo-dépression par cette satanée presse, ou, pire, les suicides, permettant aux familles d'accuser & d'abattre un peu plus le groupe. Tokio Hotel, leur nom n'aura fait que sonner stupidement aux yeux de la planète, quasiment toute leur carrière ils auront été montré du doigt, descendus, fascinant ou non le public, ils ont attiré tous les regards, pour peu qu'on ne se reconnaisse pas adepte, dans ce cas assimilé à la dernière des petites niaise ou la dernière des tapettes. & pourtant, ce seront été deux années si intenses indirectement passées en leur compagnie, un apport quotidien de ce dont personne n'avait à lui apporter. Tant d'années à vivre dans un malaise moral & physique, parfois de manière inexpliquée, sûrement, injustifiée, sans cesse. Depuis la descente, de longues journées à ruminer à longueur de temps, à croiser & recroiser leurs regards imprimés sur papier, leurs sourires faux, glacés, & commerciaux ; le goût du passé de nouveau en bouche, amère comme la Lune sur les dunes, l'effleurant à la manière d'un fantôme : simple avant-prologue. Ceux qu'elle supportait, imaginez, juste un instant. Une larme s'échappe, puis deux, puis d'autres au fil du temps. Un appel à l'aide serait maintenant comme envoyer une bouteille dans l'arctique, plus personne ne peut remédier à quoi que ce soit ; ça n'a jamais été le cas, mais cette fois est à marquer d'un dernier pavé. Personne ne lui cédera un minimum de pitié, seule elle-même reste la stupide responsable d'un amour fanatique sûrement trop dévoué. Elle savait pertinemment qu'ils ne seraient pas éternels, la preuve en est, ils ne sont aujourd'hui aux yeux du monde que de minuscules poussières, dans lesquelles chacun piétine pour souhaiter les voir déchets ; un contraste déconcertant quant aux étoiles qu'ils peinent à incarner pour toujours en elle. Certes, de son visage fade & blanc, son corps affaibli, son mental appauvri & son esprit détruit, elle souffre, elle lutte, sous les traits d'une âme retenue par un boulet. Après lui avoir redonné difficilement un sourire potable, ils lui auront vulgairement & grossièrement arraché la façade, la vie & ses couleurs, ses formes, ses goût ; elle n'aurait que de choix que de les haïr & les pourrir aux mots pour avoir osé repousser certains événements secrètement classés vitaux, & à la fois contre-vitaux : sa paix. Mais il n'en est rien. Leur son, leur talent, leurs sourires, &, malgré tout, leurs souhaits : elle les aimait, les aime, & les aimera. Leurs voix & leurs rires traversent frénétiquement son esprit, crevant le songe, à la vitesse du parcours entamé sur ces murs, dignement ornés de leurs images. Pourtant, malgré cet essentiel, cette douce drogue se dit intemporellement éternelle, ce triste sentiment qu'est d'aimer le vide la transperce à vif, inconsciemment.
____Le temps passe à mesure que son visage s'inonde. Son c½ur tend à s'emballer, ces pensées l'oppressent & le temps la presse. Aujourd'hui, a-t-elle décrété, aujourd'hui est Le jour tant attendu. Rêvasser de cette manière lui demeure comme une énorme perte de temps ; la maison étant vide au minimum toute l'après-midi, l'occasion lui paraît trop belle & trop évidente pour ne plus la saisir. Mais le dilemme la prend aux maux, d'autres visages s'illustrent, sa pauvre réflexion se gorge de culpabilité. & les promesses ? Celles qu'elle tenait auprès de ses meilleures relations, les amitiés les plus intimes, assez pour ne pas rester sans ignorer son passé quant aux divers actes commis, les sens uniques loupés. S'en étaient suivies diverses promesses, inconscientes régulièrement, entre les rattrapages de dernières minutes & ultimes recours minables ; or, la trahison est une chose qu'elle dénigre au plus haut point, & le regret un dégout. Imaginer les réactions la tord de culpabilité, déjà. Le regret, s'il devait en être un seul, serait une haine trop grande envers sa personne une fois évaporée. Elle aurait tant voulu demander, supplier & obtenir une permission inespérée, puis s'enfuir le c½ur moins lourd. Espérer une chose pareille serait bien naïf, tout autant qu'elle ; c'est donc sur papier qu'elle s'est vu coucher des explications plus que coupables, incomprises dans un avenir proche. Malgré tant de précautions, elle trahira tout de même une promesse unique, à la fois personnelle & dédiée, celle envers eux. Puisque pour le nombre de fois où il y a fallut arriver à de minables situations, un barreau auquel se retenir aura été plus que nécessaire dans la recherche de motivation, & dans la mesure où ils étaient déjà les plus importants à cette période donnée, un pacte comme lancé au vide s'est imposé comme une évidence.
____Sa peau la démange, comme un hurlement ; l'appel du sort, comme dirait l'autre. Sur le lit, disposé aussi soigneusement qu'un ensemble de bistouris chirurgicaux, deux lames frappées par le reflet du soleil grisâtre, reposant sur un carré de tissus velouté noir. L'effet produit est comparable à un enfant affamé face à une fontaine de sucrerie, mais dont des histoires abominables au sujet des arracheurs de dents auront été contées. Ce composant lui est comme aimanté, mais ses promesses lui tiraillent l'esprit, une dernière fois. De ses bras affaiblis, elle trouve un appuie pour venir se choir face à ses interlocuteurs. En tailleur, elle ne sait à peine comment saisir ses outils, peut-être par peur de destruction, ou par honte de sa culpabilité, sous les regards presque réels que l'on peut apercevoir par-ci & par-là, fixés aux murs par dizaines. Ses nerfs ont commencés à s'emballer, les sanglots se contiennent encore ; ce monde lui fait peur, trop peur, les tournures que peuvent prendre certaines choses sont parfois inexpliquées, & sonnent faux, les persécutions, les obsessions & les tourments sont à eux seuls de vrais démons dont il est bien difficile de mesurer la juste ampleur. Ses mains tremblent, encore un peu plus que d'ordinaire. De lourds souvenirs l'effleurent, comme un fantôme, lui donnant un goût de déjà vu, de déjà vécu à cette scène ; dans son passé, elle avait déjà tenté de mettre fin à ses jours, mais s'en fût à chaque fois de peu, trop peu, pour ressaisir naïvement la situation, par le biais pseudo-héroïque de certains lorsque l'auto-jugement n'était plus approuvé juste, à l'image d'un pilote automatique instable. Cette fois-ci, osera-t-elle croire, sera l'ultime, pour la simple bonne raison que tout ne peut que bien se dérouler, tout est calculé, rien le peut plus abstenir. Le temps s'écoule vite, tant ça l'inquiète, tant l'image d'un laps courant l'illustre ; s'en ai trop, elle saisit avec toute la fermeté dont elle peut encore espérer la possession la lame de gauche. Celle du c½ur, la plus attirante, mais aussi la plus lourde. La plus affutée des meurtrières. Comme des courants électriques lui parcourent le corps, un appel à l'ordre, la tentation est colossale ; c'est dans un élan impatient que l'objet s'approche de son avant-bras. Fin de la résistance.
____Un soupir puis débute doucement, mais rudement, le tracé d'un chemin tranchant, la mâchoire serrée du mieux possible. En une seconde à peine, l'impression glacé du métal laisse place à une chaleur cinglante, le tissu se divisant instantanément puis profilant une issue d'éternelle substance. Elle poursuit sa quête, comme indolore, encore, incisant sa peau frissonnante du mieux qu'elle le peut, persistante, mais ses forces s'épuisent passivement. Elle remonte encore d'à peine un centimètre & achève ce premier acte avec une petite difficulté supplémentaire, rien de grave, si ce n'est que de son corps se montrant de plus en plus faible de jour en jour, les forces demandées ne sont plus forcément au rendez-vous. Le temps de constater le massacre lui inculque la réflexion du temps : oui, à l'instant même ou ses saignements physiques tentent de rivaliser avec ceux de son c½ur, où sa peau la supplie de ne plus cesser, après toute cette abstention, tout n'est plus qu'une question de temps. C'est dans un geste fougueux en bourré d'envie qu'elle propulse de nouveau l'outil du vice au c½ur de la plaie, vive & encombrée d'horreur. Si le temps est le dernier des critères à conquérir, autant le faire maintenant. Des larmes aussi lourdes que du plomb ruissèlent le longs de ses joues, ses yeux sont si rouges & si outrés qu'ils semblent eux aussi écorchés vifs. Douleurs & hurlements au rebus, elle ne parviendrait donc pas à rivaliser de sa douleur actuelle physiquement à celle qui la tourmente, là-haut, dans ce qui lui reste de sa tête. Une violence & une force, qualifiables de surhumaines pour une personne dans un état aussi faible, lui hurlent d'achever comme il se doit le travail, de ne surtout plus se ménager ; tout donner pour obtenir de l'attente lancinante un passe-droit paisiblement enluminé. Soudain, elle sent, enfin, elle sent le but atteint, devine à travers la souffrance son membre perdre de sa composition. Le sang s'enfuit, court le long de son bras, encore & encore, sans but ni fin avant de venir s'écraser sur le lit, pour en imbiber le linge, comme fauché dans sa course. Ses dents sont si serrées qu'elle ne saurait vous dire si un jour sa mâchoire pourra se décrisper. Sa respiration déjà saccadée se coupe sous le choc, ses yeux se plissent, puis se ferment de leurs paupières semblables à des rideaux tirés, froissés. Tout le reste de son corps se contracte sous la douleur, juste l'espace d'une seconde, déchiré, tout autant que son cri étouffé, comme le crissement de la roue, seulement ici d'une voix brisée & inaudible en milieu sonorisé. Elle extrait pour la dernière fois la lame de sa cible, ouvre ses yeux, frappant ; ils observent, scrutent le champ de bataille, à ne plus bouger. Elle en rêvasse, le regard passif & livide. Sa contemplation lui laisse échapper l'objet devenu inutile. Un bruit sourd témoigne du ridicule fracas sonore osant la ramener à la réalité. Ses mains tremblent à cet instant aussi fortement qu'elle chiffonnerait n'importe quoi de ses doigts, involontairement. Il s'agit bel & bien de la seule dont elle réussi à être fière depuis ces quarante jours, son regard surplombe le paysage vif, comme un trésor rancunier.
____Da suite n'est pas inconnue. Les minutes à venir, techniquement, témoigneront d'une lente & longe tirade vers l'épuisement, à mesure de l'écoulement de l'hémorragie. Ses yeux se posent sur eux, ou bien est-ce leurs regards qui la dévisagent ? La culpabilité lui siffle encore la réflexion ; s'ils avaient vraiment été tout ce dont ils on voulu refléter, ils ne seraient pas très fiers d'un geste comme celui-ci. Or, elle persiste à croire que tout n'était mensonge, jusqu'au bout, puis se recroqueville délicatement en bout de lit, la tête d'une certaine manière à leurs pieds. De la haute symbolique, message envoyé de la plus belle des prisons dorées, celle qui aura été là, elle, jusqu'au bout. Vient à présent le début d'une longue attente, armée de patience, aussi sage que délicieuse soit-elle, la vue toujours dédiée, agglutinée aux mêmes individus. Les draps, d'un blanc originalement sali par le temps, se retrouve immaculé d'écarlate, la source ne maitrisant plus aucune pulsation gisante. Tout va pour le mieux, tout est dans l'ordre des choses. Ses vêtements laisserait croire à un meurtre barbare, ses cheveux, d'un blond naturellement platine, n'excluent pas du constat. Les larmes ont cessé, la souffrance n'est que passive, & l'éclat de la volonté à atteindre lui ébloui sûrement le c½ur, un tout petit peu, là bas, dans un minuscule recoin. L'affaiblissement fait place, l'air de rien : elle laisse & délaisse chacun de ses muscles à un abandon peu précoce, histoire de ne poser aucune barrière aux événements. & c'est là que, d'ordinaire songe-t-elle, les gens sont envieux de retracer leur vie, la survoler une dernière fois, ils font le compte avant de passer à la caisse comme dirait l'autre ; seulement, à quoi bon conter les malheurs empoisonnés ? Son esprit & son corps basculent un peu plus encore dans l'état second, se tête tourne, sans qu'elle n'ai véritablement eu le temps de l'appréhender. Chacun des ses membres frémissent, inhabituellement & c'est l'arrivée des spasmes pré-mortem. Un pauvre sourire se dessine, d'un visage à demi-reclus, celui d'une droguée ; elle savoure ce moment unique, elle le savoure comme ses étoiles lui auront toujours dis de le faire, profitons de l'instant présent & vivons chaque seconde, celles-ci sont des dernières. Au moment où elle tente d'approcher son index du papier glacé, elle donne constat de ne plus contrôler aucun de ses membre, tous semblent déconnectés, des morceaux disposés loin, très loin d'elle, si loin qu'elle ne peut en atteindre les commandes, sans qu'elle ne sache depuis combien de temps. C'est la première fois qu'elle en arrive à ce stade. De doux visages lui passent par la tête, différents de ceux auxquels elle fait face, comme les balles qu'on lui projetterait à travers le crâne. Ses paupières n'ont jamais été aussi lourdes qu'à ce moment : le premier réflexe, habituel, est de lutter, mais elle cède rapidement sous le poids de cette mort qui la pèse, & rendant l'environnement flou. Une embûche en moins à braver. La force de pensée disparaît, allègre & plus calme que le silence en lui-même ; sensation crevante, & pourtant si grisante...
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XXXXXXXXX|#### Comme promis, le Premier chapitre est posté. =)
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XXXXXXXXX|########### Vos avis ??
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